Une version de ce texte est parue dans l’ouvrage collectif Les Affreux de l’histoire (éditions First, 2019)




18 novembre 1978. Toutes les agences de presse relaient une information sidérante, qui glace la planète. Neuf cent neuf citoyens des États unis viennent de trouver la mort au Guyana dans le cadre du plus grand suicide collectif de l’histoire des USA. Comment une telle atrocité a‑t-elle pu se perpétrer ? Le monde entier tourne des yeux effarés vers le Guyana, un petit pays d’Amérique du Sud qui n’a, jusqu’ici, jamais fait parler de lui. Le Guyana se nommait autrefois la Guyane britannique. Il constitue le seul État du Commonwealth en Amérique latine. On ne doit pas le confondre avec la Guyane française, et le Suriname (ex-Guyane hollandaise), qui le jouxtent.
Neuf cent neuf morts… Comment une telle horreur a‑t-elle pu se produire ? Nous observons ici le déclin et la chute d’une belle idée. Le mystérieux « gourou » qui a entrainé ses disciples dans une mort atroce se nomme Jim Jones. Celui-ci se rattache historiquement à une église protestante, respectable et reconnue, l’Église chrétienne des Disciples du Christ, d’obédience calviniste. Cette Église a été fondée au XIXe siècle. Elle est membre fondatrice du Conseil œcuménique des églises. Elle regroupe en 2017 quatre cent onze mille cent quarante membres répartis dans trois mille sept cent cinquante quatre paroisses en Amérique du Nord. Il s’agit d’une dénomination licite , d’une église protestante tenue pour modérée.
Et pourtant…
Le 18 novembre 1978, le pasteur Jim Jones, qui doit faire face à une enquête judiciaire concernant des pratiques sectaires et des détournements de fonds, organise le « suicide révolutionnaire » du Temple du peuple, qu’il a entrainé précédemment sur les terres humides du Guyana pour édifier « un monde nouveau ». Sur son ordre, on remplit une grande marmite de cyanure de potassium additionnée de Flavor Aid, un soda très sucré dérivé du Kool Aid. Le mélange inclut du Valium, du Penegram et de l’hydrate de chlorale. La communauté se trouve alors assemblée devant son chef, sous la surveillance de gardes armés. Jim Jones se lance dans un long prêche halluciné, tout en forçant les adeptes à ingurgiter, l’un après l’autre, le liquide mortifère, en une sanglante communion inversée. Les enfants sont les premiers sacrifiés. Ce sont leurs parents eux-mêmes qui leur font boire le poison. Le suicide prend la forme d’une sorte d’eucharistie satanique, chacun faisant la queue pour boire une louche du breuvage, dans un concert dissonant de cris de peur et de rage, tandis que retentit sans fin la voix démoniaque de Jim Jones. Mais voici qu’une Afro-Américaine d’une soixantaine d’années s’oppose au sacrifice. Christine Miller ose élever la voix. Elle demande qu’on épargne au moins les enfants. Elle propose enfin que la secte de Jim Jones s’exile à Cuba ou en Union soviétique. Ses arguments sont posément réfutés par Jim Jones. Le pasteur est hargneux, sifflant, exalté à l’extrême. Il pousse ses brebis vers la mort en psalmodiant un long chant de haine, dûment enregistré par un magnétophone. Christine Miller avale à son tour le poison.
Certains ne sont pas conscients de la gravité de l’instant. Ils se persuadent qu’il s’agit d’un simulacre d’holocauste et que la boisson offerte n’est qu’une limonade. Mais quand les enfants commencent à agoniser, les parents s’effraient, certains tentent de partir, de fuir. Aussitôt, les gardes armés interviennent. Les enfants qui ont recraché le liquide sont sommés de le boire à nouveau. Pire encore : on leur maintient la bouche fermée pour les forcer à avaler. Certains subissent une injection léthale. Une femme égorge ses trois enfants avant de se suicider.
Quand l’armée guyanaise arrive enfin sur les lieux, elle découvre le spectacle apocalyptique de neuf cent neuf cadavres entassés, au milieu de gobelets usagés. On dénombre trois cent quatre enfants morts. Quatre-vingt-sept personnes ont survécu. C’est le cas de la plupart des membres qui tiennent la permanence de l’Église dans la capitale du Guyana, Georgestown. Sur le site même, quelques personnes ont réussi à se cacher. Quant aux gardiens, qui ont forcé les gens à se tuer et ont abattu les fuyards, ils ne se sont pas suicidés. Jim Jones et sa famille figurent au nombre des victimes. Le chef a été tué à sa demande, d’une balle dans la tempe.
Comment en est-on arrivé à une telle extrémité ? La réponse tient dans la personnalité complexe de James Warren Jones, dit Jim Jones. Celui-ci nait le 13 mai 1931 à Randolph dans l’Indiana. Il est élevé par sa mère, une femme pauvre d’origine indienne. Comme elle n’a pas les moyens de garder le bambin, il reste seul à la maison, toute la journée, à l’âge d’un ou deux ans. Et son père ? Il n’en parle jamais. A‑t-il déserté le foyer familial, ou se trouve-t-il interné pour maladie mentale ? Une voisine prend heureusement le jeune enfant sous son aile et accepte gratuitement de s’occuper de lui pendant que sa mère travaille en usine. Cette femme nommée Myrtle Kennedy lui fait notamment découvrir la religion. Jim apparaît comme un enfant précoce. Il collectionne les bonnes notes à l’école, mais devient surtout un fervent dévot, au verbe tranché. Aux USA, on trouve dans chaque ville des dizaines d’églises différentes. Il les teste l’une après l’autre, puis finit par jeter son dévolu sur une église pentecôtiste, le Tabernacle de l’Évangile (Gospel Tabernacle). Il n’a pourtant que 10 ans ! Son engagement et sa jeunesse le font immédiatement remarquer par le pasteur, qui en fait rapidement un prêcheur phare. Il faut dire que le Gospel Tabernacle n’hésite pas à solliciter ses fidèles pour les mettre en transe lors de cérémonies qui tiennent aussi bien du vaudou que du christianisme.
Ne bénéficiant d’aucune ressource, Jim Jones est forcé d’abandonner ses études. En 1949, il devient à 18 ans secrétaire administratif à l’hôpital de Richmond, dans l’Indiana. Son temps libre, il le consacre à des prêches dans la rue. Au travail, il se montre de plus en plus sensible aux questions sociales. En violation du règlement de l’hôpital, il lui arrive de ne pas faire payer les soins aux patients les plus pauvres.
Un an plus tard, il épouse Marcelline Baldwin, une infirmière de l’hôpital. Dans cette période, le jeune Protestant se prend d’amour pour le marxisme. Il en vient à questionner sa foi, au point de se convertir au communisme.
En 1951, il va jusqu’à adhérer au Parti communiste des USA (CPUSA), une petite organisation inféodée à la Russie de Joseph Staline et activement surveillée par le FBI. Il déménage pour Indianapolis dans le but d’étudier le droit. Mais en 1952, il semble se raviser. Il rejoint l’Église méthodiste, une branche du protestantisme ouverte à la dimension sociale. Au sein du méthodisme, il entame finalement des études de théologie.
Le jeune homme fait montre d’une grande éloquence. Il sait persuader, convaincre. En mars 1953, il parvient à lever vingt mille dollars de fonds pour ouvrir un centre de loisirs à Richmond. Jim Jones est alors un « honnête homme », animé d’une foi sincère et d’un désir de justice sociale. Il milite notamment contre la ségrégation, à une époque où les églises pour noirs sont strictement séparées des églises pour blancs. Jim Jones au contraire veut regrouper les races dans un temple commun. En 1954, il organise à Indianapolis un petit groupe religieux nommé Communauté Unité (Community Unity). En 1955, il fonde enfin le Temple du peuple du Plein Évangile.
Jim Jones défend un christianisme socialiste. Dans ses prêches, il s’exclame : « C’est merveilleux de savoir que Dieu est socialiste ! Dieu travaille au socialisme ! » Il lève le poing, entonne l’Internationale. La messe tourne au meeting.
À dire vrai, l’ecclésiastique ne se contente pas de beaux sermons. Dès 1955, il crée une maison de retraite pour nécessiteux. Avec sa femme, il en montera près d’une dizaine. Il fonde aussi des centres médicaux, des soupes populaires et des classes d’alphabétisation. Dans ces différents organismes, il emploie uniquement des membres du Temple du peuple, qui sont logés et nourris mais ne touchent aucun salaire. Ainsi les adeptes commencent doucement dès la fin des années 1950 à se couper du reste du monde. Le processus d’enfermement est en marche.
En 1959, le pasteur reçoit une patente de l’Église chrétienne des Disciples du Christ. Le Temple du peuple se voit ainsi adoubé par une organisation calviniste respectable et reconnue. Quant à Jim Jones, il s’impose plus que jamais comme un pasteur engagé. Admirateur de Mao Zedong, lecteur de Marx et Lénine tout autant que de la Bible, il donne chair à ce qu’il nomme un « socialisme apostolique ». Rien d’étonnant à cela. Dans les années 1960, le maoïsme est aux États Unis un phénomène de mode. Se réclamer du marxisme-léninisme n’a rien d’atypique, à une époque où de nombreux prêtres catholiques embrassent la « théorie de la libération », qui fait des guérilleros latino-américains et des soldats nord-vietnamiens des Christs en armes.
Le Temple du peuple accueille aussi bien les noirs que les blancs. Il se trouve dès lors la cible de certains activistes racistes. Jones et ses disciples reçoivent des lettres anonymes. Ils se font insulter dans la rue. Qu’à cela ne tienne : Jim Jones écrit une lettre ouverte au parti nazi américain pour l’inviter à débattre dans son église ! Il a le sens de la communication…
Le pasteur commence par ailleurs à souffrir de troubles nerveux. En octobre 1961, il reçoit une « vision », selon laquelle Chicago et Indianapolis seront bientôt détruites par des bombes atomiques. Il veut aussitôt déménager son église. En janvier 1962, il visite Belo Horizonte au Brésil. C’est le coup de foudre. Tout en maintenant l’église d’Indianapolis, Jim Jones installe plusieurs centaines de fidèles au cœur du Brésil. Mais le Temple du peuple inquiète les autorités locales. S’agit-il d’une organisation communiste camouflée ? En juin 1963, c’est l’exode, mais à rebours.
Jim Jones ne cesse de chercher un lieu sûr pour abriter la secte quand surviendra l’inéluctable conflit nucléaire. Dans le même temps, il commence à tenir un discours apocalyptique : la fin des temps arrive et il n’est autre que le nouveau Christ. Il finit par prophétiser qu’Indianapolis sera détruite le 15 juillet 1967.
Il organise alors le déménagement du Temple vers la Californie, qui pourrait selon lui être épargnée par les retombées radioactives. L’homme d’église dérape. Il s’auto-déifie, prend des antalgiques à haute dose pour lutter contre un mal de tête endémique et voit des ennemis partout. Il souffre manifestement de troubles mentaux, qui se traduisent notamment par un état de bipolarité.
En juillet 1965, le Temple du peuple s’installe en Californie du Nord, dans la petite ville d’Ukiah. Fidèle à ses préceptes socialistes, Jim Jones donne le bon exemple en organisant lui-même des cours du soir pour personnes défavorisées. Mais les leçons du professeur Jones pourraient bien inquiéter les autorités académiques : il y prêche la masturbation qui vise selon lui à calmer les ardeurs sexuelles ; il explique que les catholiques militent contre l’avortement parce qu’ils veulent dominer le monde… Son enseignement suscite des plaintes. Le leader se persuade alors que le gouvernement américain veut l’abattre. Il devient paranoïaque. Il opacifie toutes les fenêtres de sa classe et poste des guetteurs dans le couloir.
Cette dérive n’empêche pas le culte de proliférer. Jim Jones envoie des délégués dans toute la Californie. Il expédie une lettre d’information, qui touche trente-six mille personnes en 1971. Il achète des créneaux publicitaires à la radio. Il lance enfin un journal, The Living World (le monde vivant).
Il « modère » alors son discours. Il ne se décrit plus comme un Christ, mais plus modestement comme la réincarnation de Moïse et Lénine. Nombreux sont les jeunes blancs diplômés de Californie qui rejoignent l’église. Chacun d’eux est sommé de donner toutes ses possessions, pour vivre au sein du temple une forme de communisme chrétien nommée « le communalisme ».
Au début des années 1970, le prêcheur use et abuse de substances diverses. Il prend simultanément et à haute dose des amphétamines et des tranquillisants. La multiplication erratique des produits, qui vise à atténuer son trouble bipolaire, modifie son comportement. Les périodes d’euphorie alternent avec des crises de rage et de méchanceté. Il peut alors faire montre d’un sadisme inouï. Tandis qu’il prêche un jour, une femme se lève pour aller aux toilettes. Jim Jones l’apostrophe. Où croit-elle donc aller ? Timidement, elle explique son problème. Jim Jones la force alors à baisser son pantalon et à déféquer en public, devant les quelques mille personnes présentes. Une scène d’humiliation parmi beaucoup d’autres. Avec ses ouailles, le pasteur ne prend plus de gants. Ils sont pris dans la nasse, n’ont plus ni revenus, ni capital, ni amis extérieurs. On peut en faire ce qu’on veut…
Délaissant son épouse, Jim Jones commence à entretenir des relations sexuelles avec plusieurs femmes du groupe. Dans ses prêches, il s’en vante et humilie publiquement les maris et compagnons. Il se transforme par ailleurs, sur un plan physique, en un être presque… démoniaque. Par un effet secondaire des médicaments, ses yeux deviennent rouge sang, ce qui lui confère un regard singulier. Il est désormais forcé de porter en permanence des lunettes noires… Il se justifie en affirmant que ses yeux ont le pouvoir de bruler.
Le plus curieux, c’est que nul ne semble s’émouvoir des dérives du Temple du peuple. Dans la ville d’Ukiah, Jones est considéré comme un bienfaiteur. Il est vrai qu’il a fait construire une vaste piscine et une nouvelle église qui attire bien des curieux. Il intègre par ailleurs le conseil d’administration d’une puissante et respectable association luttant pour l’égalité raciale : la NAACP (Association nationale pour l’avancement des gens de couleur).
Pourtant, la secte se radicalise. Jim Jones fait poser des barbelés autour des installations, tandis que des gardes armés patrouillent dans les rues de la paisible Ukiah. On commence à parler d’enfants battus, brutalisés, fouettés en public. Des personnes âgées se plaignent de mauvais traitements et de malnutrition.
Jones et ses adeptes décident en fin de compte de quitter la bourgade. Ils prennent pied en simultané à Los Angeles et surtout San Francisco, qui devient le nouvel épicentre du séisme jonesien.
L’homme de foi apparaît alors comme un politicien avisé. Il utilise ses affidés comme supplétifs dans les campagnes électorales. Le Temple du peuple joue ainsi un rôle actif dans l’élection du démocrate et militant homosexuel George Moscone au poste de maire de San Francisco, le 8 janvier 1976. En réponse, Moscone nomme Jim Jones à la tête de la Commission des logements publics le 18 octobre 1976. Celui-ci devient une personnalité importante. Il fréquente Rosalynn Carter, la femme du président des États Unis Jimmy Carter. Il pèse d’un poids grandissant dans la vie politique californienne, en cautionnant les personnalités de son choix. Les membres de la congrégation, tous inscrits sur les listes électorales, prennent l’habitude de faire la claque dans les meetings politiques. Jim Jones se voit alors soutenu par Angela Davis et Jane Fonda, sans oublier le leader du Black Panther Party, Huey Newton. En 1977, le Temple du peuple reçoit même le « Prix de la liberté de la presse » !
Jones se fait désormais appeler « Père ». Mais il s’agit d’un père un peu spécial, qui s’emploie maintenant à sodomiser les jeunes adeptes de sexe masculin, pour s’assurer de leur dévotion. Nul n’échappe aux persécutions : humiliation, coups, surveillance constante, harcèlement, viol, droit de cuissage constituent le lot commun. Le Temple du peuple est une prison cruelle.
Le plus fascinant, c’est que l’église défend en public les causes les plus nobles (lutte contre le racisme, l’antisémitisme, l’homophobie), tout en tyrannisant ses propres membres de façon abjecte.
C’est l’argent qui précipite la chute du gourou. En février 1976, le Temple crée une structure visant à gérer les biens des fidèles : La Corporation apostolique. En parallèle, des millions de dollars sont discrètement transférés en Suisse et à Panama. Le département américain des fraudes (IRS) déclenche alors une enquête. Dès janvier 1977, le Temple du peuple perd le statut d’église et ne se trouve donc plus exonérée d’impôt.
Au même moment, les plaintes des anciens dévôts s’accumulent. Le vent tourne. Jim Jones commence à prêcher le « suicide révolutionnaire ». La thématique de la mort collective devient son credo.
Il organise le départ de la secte vers le Guyana, où il a loué en 1973 onze mille hectares de terre en pleine jungle, tout près de la frontière vénézuélienne. Ce camp retranché qui abrite environs mille deux cent habitants, se définit comme une « colonie agricole » et prend le nom symbolique de Jonestown (la ville de Jones). Avec ses baraques alignées, ses hauts parleurs qui diffusent toute la journée les discours de Jim Jones et ses miradors sur lesquels prennent place des gardes armés, Jonestown ressemble à un camp de concentration dominé par un leader paranoïaque aux yeux rouges.
Jim Jones décide de faire répéter sans cesse un cérémonial de suicide collectif. Il s’agit de soumettre en permanence les esclaves à cette épée de Damoclès. La nuit, les sirènes se déclenchent à toute heure pour des alertes factices. À Jonestown, l’enfer est devenu réalité. Entre aout 1977 et novembre 1978, huit personnes y meurent de causes naturelles. Plusieurs disciples prennent la poudre d’escampette au péril de leur vie. Ces départs relancent les enquêtes policières.
C’est finalement le parlementaire démocrate Leo Ryan qui prend la tête d’une Commission d’enquête. Celle-ci se rend au Guyana le 14 novembre 1978. Elle visite longuement Jonestown le 18 novembre 1978, dans une ambiance lourde et sous la surveillance de paramilitaires hostiles. C’est alors qu’un drame éclate. Sur la route qui les ramène à l’aéroport, les parlementaires et les journalistes tombent dans une embuscade. Leo Ryan, trois journalistes et un ex-disciple meurent sous les balles des disciples de Jones, armés de mitraillettes.
Il s’agit là d’une erreur fatale. Bien loin de calmer l’ardeur des autorités américaines, l’assassinat de Leo Ryan attire le regard sur la secte. Le gouvernement envisage désormais une intervention militaire, pour délivrer les adeptes.
C’est alors que la démoniaque pasteur Jim Jones organise l’effrayant suicide collectif de ce qui fut naguère une simple église américaine sensible aux inégalités.
Christophe Bourseiller